1er jour de stage d'observation.
Je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Je n'ai jamais été confrontée au monde sanitaire ou social... encore moins au handicap.
Je suis partagée entre l'excitation et l'appréhension. L'appréhension étant tout de même beaucoup plus présente...
Et alors que je passe la porte de l'unité de vie où je vais passer ma semaine, je suis choquée.
Pas par les résidents.
Pas par les fauteuils.
Pas par le bruit (et pourtant y'en a!)
Je suis choquée par la jeunesse face à laquelle je me retrouve.
Résidents comme professionnels.
Surtout les professionnels en fait. (Les résidents, on m'avait déjà plus ou moins prévenu ici)
Je me sens vieille d'un coup...
Et pourtant je suis encore loin de mes 30 printemps ! Bon ok, je m'en rapproche dangereusement mais quand même...
Et la première question que je me pose : "Comment les familles réagissent-elles face à ces professionnels si jeunes prenant en charge leurs enfants ?"
La réponse est mal, mais ce sera l'objet d'un tout autre post...
Au fur et à mesure de la semaine, je vais rencontrer la plupart des titulaires de l'unité et rares seront ceux ayant passé la trentaine...
Je ne remet en aucun cas leurs aptitudes professionnelles.
Je tente juste de me positionner du côté des familles - des parents surtout.
Et puis vient le moment où je me demande : "Et les résidents, comment le vivent-ils ?"
Alors que je m'intéresse aux histoires de chacun, je me rends compte que la majorité d'entre eux ont moins de 30ans. Il y en a même un qui n'a que quelques jours de différence avec moi...
Comment accepter d'être infantilisé par quelqu'un de (beaucoup) plus jeune que soi ?
De ne pouvoir vivre sa vie que sous les directives de personnes avec si peu d'expérience de la Vie ?
Alors j'ai posé toutes ces questions à certains de mes collègues.
Ça en a dérangé certains - Non mais elle se prend pour qui la stagiaire ??
D'autres ne s'étaient jamais posé la question - Tiens, mais c'est vrai que untel à le même âge que moi... Rooh du coup ça me fait bizarre de me revoir lui gueuler dessus parler comme à un gamin de 2ans...
Et puis il y a ceux qui ont "de la bouteille", comme ils disent. Eux, ils s'en fichent - Qu'est c'tu veux... c'est comme ça !
Est-ce ma position de mère qui me fait voir les choses sous cet angle ?
Ou suis-je juste naïve ?